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 We're living our lives on the edge | Skala

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Ebraheim Garäye
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We're living our lives on the edge
Ciel couvert, nuages bas, on distinguait à peine les lueurs des lunes. Se réunissait là des conditions idéales pour une personne aux passes-temps peu louables, comme les siens une fois la nuit tombée. Pourquoi la nuit ? Parce qu’il se fondait plus facilement dans les ombres, Ebraheim. Mais aussi parce qu’il travaillait la journée, un emploi honnête qu’il souhaitait conserver. Après une étude approfondis des habitudes de sa proie, il réussis à s’accaparer son bien sans grandes difficultés, soulagé d’y être parvenu dans les temps. Sa ponctualité était essentiel, ce soir, puisqu’une course un peu particulière l’attendait, comme la plupart des soirs lorsque cette cliente faisait appel à ses services. Assistante financière du ministère, Skala Gil’Otrov avait de toute évidence une vie palpitante, fait dont il avait conscience puisqu’il la menait d’un bout à l’autre de la capitale, là où la dame le désirait, du quartier le plus riche à celui le plus délabré.

C’est en avance qu’il arriva au lieu de rendez-vous, son butin de la soirée déposé en lieu sûr. Atteler les cheveux à son fiacre se fit sans encombres. Le cercle de la noblesse restait un coin aux tentations les plus grandes et il pensait principalement aux bijoux, joyaux et bourses qui ornaient respectivement les bras des nobles, puis traînait au fond de leur poche, alors il concentra son attention sur autre chose, afin de détourner son attention. Positionné près d’une fenêtre, la lumière qui s’en échappait lui suffisait pour lire page après page cet ouvrage qui n’attendait qu’à être ouvert depuis qu’il mit la main dessus. Il ne pouvait se permettre de plonger complètement dans cet ensemble fascinant de mots, gardant une oreille attentive au moindre pas s’approchant de son fiacre. Finalement, il terminait à peine une autre page qu’il du relever la tête, mémorisant la page où il s’était arrêté, attendant patiemment que sa cliente arrive finalement à son niveau.  « Miss Gil’Otrov,» salua-t-il avec un léger sourire,  « comment vous portez-vous aujourd’hui ?» Il lui ouvrit la porte pour qu’elle puisse y monter, puis après plusieurs paroles échangées, il reprit.  « Dans quel coin charmant et digne des meilleurs lieux touristiques de la capitale je dois vous conduire, ce soir ?» Il avait arqué un sourcil, curieux de la réponse, malgré la sensation qu’il y avait plus sur ce qu’il y avait qu’il ne le pensait.
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Dernière édition par Ebraheim Garäye le 23/08/19, 12:40 am, édité 2 fois
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Life is to short for fear
La nuit tombante soufflait doucement sur la cité à peine éclairée. J’aimais cette partie de la journée, où jour et nuit se côtoient sous le même éden, sous les deux lunes ascensionnant les nuages pour dominer Valarya. Les mauvais visages commencent à apparaître, tout doucement, attendant qu’Ahara soit à son apogée, et les louables s’éteignent avec le soleil derrière eux. J’aimais ce moment de la journée, il était vrai. Le palais des astres dominant de toute sa structure sur le cercle de la noblesse, maisons et bâtiments méticuleusement construit pour paraître le beau paraître. Une architecture fine, de goût, où l’argent et l’or dégueulent à chaque mètre carré. L’air y était différent, et quand je devais aller sonner aux portes de ces satrapes pour y réclamer une dette qu’ils n’avaient pas encore payée, c’était avec exaltation et frénésie que mon sourire s'offrait à leurs portes à peine ouvertes.

Ma journée était enfin finie, la dernière famille fut visitée, une famille notable d’elfes qui n’avait pas payé la taxe sur leur commerce de joaillerie. Comme quoi, ce sont toujours les plus aisés qui essayent de passer à travers les mailles du filet, ceux à qui j’ai le moins de rancoeur de venir réclamer la redevance, avec les intérêts. Mais l’heure tournait, et j’avais un rendez-vous ce soir qui m'attendait non loin du bois de Berdathiel, un rendez-vous que je n’avais pas envie de faire attendre, car je lui devais beaucoup à présent.

Mon pas se pressa, longeant la lisière du bois prestigieusement reconnu dans toute la capitale, ma cape habituelle noire contrastait sur ce décor verdoyant. Je vis au loin la guimbarde familière d’Ebraheim, attelée par deux belles bêtes, hautes sur têtes, le regard fièr vers l’horizon. Il avait du bon matériel, je le savais, j’avais confiance, et j’aimais pouvoir déambuler dans la ville sous les vitres teintées de sa calèche, parcourant les quartiers avec la discrétion qu’il me fallait, qu’il m’offrait, telle une ombre glissante, tel un fantôme anonyme.

Arrivant à sa hauteur, je l’observais de loin, détaillant ses faits, analysant ses gestes, mauvaise manie qui n’osait me quitter. Il avait l’âme d’un poète, du moins, c’était ce qui s’en dégageait, depuis le temps. Une âme douce et rêveuse, le grand romantique des romans romanesques que les jeunes filles lisent en cachette sous la couette. Le saluant de la tête avec un sourire en coin à peine perceptible, je lui glissai d’une voix modulée :

“Ebraheim, ta ponctualité va devenir une légende dans Eredhel. Pas pour que ça me déplaise, bien au contraire.”

Passant devant un des chevaux, j’en flattais l’encolure tout en concédant le compliment au phaéton, puis me dirigeais vers la porte docilement ouverte.

“Très bien merci, une journée comme une autre dans la belle bourgeoisie, on ne change pas une vieille harpie à ses bonnes habitudes. Tu dois le savoir tout comme moi.”

Petit clin d’oeil malicieux à cette haute société qui restait solide sur ses appuis, qui n’offrait autre qu’un balai de faux-semblants, valsant avec l’hypocrisie et les courbettes flatteuses comme un danseur étoile le ferait. Je savais qu’Eb’ n’était pas de ceux qui donnait corps et sang pour les Valarÿn, restant neutre dans la guerre du pouvoir, guerre qui me faisait doucement sourire autant à lui qu’à moi, j’en étais persuadée.

M’installant sur la banquette dos à lui, je n’étais qu’à quelques centimètres, pouvant discuter sous le bruit des sabots et des roues se mettant en actions sur la route caillouteuse. Mon regard dévia sur la cime des arbres du bois, la cime qui accueillait le coucher de soleil entre ses bras, l’enterrant pour quelques heures entre ses racines profondes.

“Tu peux mettre le cap sur Arcan, si tu veux bien, je t’indiquerai la rue le moment venu. J’ai un petit détour à faire ce soir avant de rentrer."

Un détour, comme bons nombreux soirs, ce n’était surement plus une surprise pour lui maintenant, après m’avoir maintes fois emmené dans des endroits plus messéants les uns des autres. Mais sa discrétion et son aphasie en étaient un avantage, car il ne posait pas de questions, du moins, s’il en posait, c’était les bonnes. Je fermai les yeux, quelques secondes, vidant mon esprit, inspirant une concentration que je devais trouver, profitant de la vitesse pour savourer l’air fouetter mon visage. Murmurant dans un silence, je lui demandai paisiblement :

“Eb, de quoi parle ton livre ce soir ?”


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C'était amusant à observer, la vie nocturne qui prenait place dans la capitale alors que les lunes se levaient. Des masques tombaient, des ombres s'étendaient et quand on y était suffisamment familier on pouvait presque les sentir danser. Un autre monde prenait place, plus décadents, sournois et parfois fatals. Oh, ça n'empêchait pas les coups de poignards, empoisonnements et autres charmantes intentions de ce genre, en pleine journée. L'arrivée de Skala le sortit de ses pensées et il ne perdit pas de temps pour la saluer. Il arqua un sourcil, « Peut-être devrais-je faire un effort pour l'être un peu moins dans ce cas. À devenir légendaire je risquerais de mettre en danger le calme et la tranquillité de ma vie. » Sourire au coin, l'ironie de ses propos de lui échappait pas, loin de là. Qu'importaient ses activités professionnelles – légales ou non – il n'y avait rien de tranquille dans sa vie, surtout pas quand il était question de déposer une cliente dans des endroits douteux. « Je vous remercie, cela dit. Il est bon de savoir que son travail est apprécié. » continua-t-il, inclinant légèrement la tête, en l'observant passer devant les chevaux, « Et je vous laisse le titre de légende avec joie. » Voilà une façon originale de lui retourner le compliment, mais il s'agissait également d'une petite pique amicale.

Il commença à refermer la porte derrière elle, ne retenant pas un reniflement amusé. Ebraheim, il appréciait la bourgeoisie pour l'opulence débordante qu'elle arborait. Il arrivait que ça mette des mois pour qu'on réalise la disparition d'un objet de valeur, et c'était déjà trop tard. « Ne dit-on pas que routine est mère de sûreté, après tout ? » À son tour, il lui lança un petit clin d’œil après quoi il avait complètement clos la porte. La déformation de l'adage, bien volontaire, lui aurait valu un roulement d'yeux d'un jeune pêcheur pour qui la routine était surtout synonyme d'ennui complet. Un autre temps, une jeunesse envolée sous le regard des étoiles. Il n'y avait rien de routinier quand Skala faisait appel à lui et ça n'amoindrissait pas sa curiosité à son égard. Après tout, qui s'attendait à ce qu'une employée du ministère ait autant besoin de se retrouver dans des quartiers tous très charmants.

Il attendit patiemment qu'elle soit installée, se demandant l'endroit où il devra la conduire. Un petit rire silencieux secoua ses épaules, « Ah, Arcan. Le joyau d'Eredhel, pépite de Valarya. » D'un geste expert, il indiqua aux chevaux de se mettre en route. « On ne pourrait trouver quartier plus brillant que celui-ci. » ajouta-t-il sur le même timbre amusé, « Vous désirez le grand tour, Miss Gil'Otrov ou ce petit détour est plutôt pressant ? » Il ne posait pas plus de questions, Ebraheim. Notamment parce que ça pouvait lui attirer des ennuis et il estimait qu'à partir du moment où ce qu'il demandait restait dans le domaine de ses fonctions, il ne risquait pas grand-chose. En fonction de la réponse donnée, il ne prit pas la même route, et s'installa plus confortablement dans son assise. La question qui suivit ne le prit nullement par surprise, c'était une habitude maintenant. Il leva les yeux vers les cieux, plissant le regard pour attraper les premières étoiles du regard. « Figurez-vous qu'il est question d'une harpie détective, qui enquête sur des crimes que son conjoint aurait commis, et tente de faire porter le chapeau sur une grande personnalité. » Il eut un petit rire, « Je ne pense pas qu'il ait eu un grand succès par ici. Ou alors la satire leur est passée sous le nez. » Il haussa les épaules, son regard parcourant les belles bâtisses, « Et vous donc, Miss Gil'Otrov, avez-vous trouvé un ouvrage particulier depuis la dernière fois ? »
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Les commissures de mes lèvres offrirent une légère fente, creusant les fossettes en dessous de mes pommettes. Cette lance taquine, subtile, soulignait ce jeu de respect et d’égard que nous nous accordions. Car oui, depuis le début, j’estimais Ebraheim comme une personne bien, un homme humble éloignant le fardeau de la gloire de ses épaules. La porte se referma d’un claquement léger, l’obscurité commençait à sombrer, sous les hennissements impatients des chevaux attendant les instructions. À nouveau, son répondant me fit légèrement sourire, que ces moments me plaisaient, une tranquillité certaine, loin du stress du palais, et loin des ténèbres d’Arcan. C’était un entre-deux, une pause dans ce tumulte de vie qui m’engouffrait dans son tourbillon, alors je ne pouvais que savourer ces moments prospères, comme à leurs habitudes.

“En effet, ce quartier est riche de.. Diversité. Je pourrais te recommander de bons troquets, si le coeur t’en dit.”

Et bien plus de choses, mais j’osais omettre ces détails-là, ne voulant déformer l’image publique que je me donnais. Le claquement des reines sur les croupes des étalons se fit entendre, les roues sur les petits gravillons se mirent en action, on était parti en direction des bas-fonds de la grande ville. Je sortis une montre à gousset de ma pelisse, les aiguilles or indiquant une heure bien trop tardive.

“Hâtons-nous, s’il te plait, mon hôte va se faire attendre. Tu connais les meilleurs raccourcis de la capitale, il me semble. Si tu pouvais user de tes talents, j’en serais des plus ravies. “

Pas qu’il n’était vraiment grave que ce fameux hôte attende quelques minutes de plus - vu que sa vie ne tenait plus qu’à un fil - mais plus vite je pourrais me débarrasser de ce contrat, et plus vite je pourrais vaquer à des occupations bien plus… justifiables. Ma voix était profonde, indiquant le sérieux de cette requête, manifestant l'empressement qui me gagnait. Mais pour pouvoir agir en toute sérénité, il fallait que je vide mon esprit, que je libère cette pointe d’animosité qui venait toujours effleurer chaque acte de l’Index. C’est alors qu’il répondit à ma question, question devenue coutumière à nos rencontres, partageant un même loisir, un attachement égal à la reliure des grands romans.

“Et bien, tout écrivain ne peut pas être la hauteur de Mme Dev’iliay, En général, les harpies font de mauvaises protagonistes, ou alors, il faut une intrigue durement réfléchie. Et ici, la trame n’a pas l’air des plus complexes.” Un petit rire accompagna la fin de mes mots, me laissant porter à travers les pavés de la belle et capricieuse Eredhel.

“Mais peut-être que la chute va t’étonner, certains auteurs sont parfois.. Surprenant.”

Je fermai les yeux, la fin de ma phrase tomba dans un silence comme le clappement d’un livre hardiment fini. L’auster souffla sa brise légère du début d’été, annonçant une sécheresse à en faire brûler les pâquerettes. J’entrouvis mon étui ivoirin pour en sortir une cigarette d’entre ses jumelles, la posant délicatement entre mes lèvres tout en y allumant la pointe. La fumée s'extirpa de la brindille pour venir caresser mes poumons, bouffée que je soufflai à travers la fenêtre. Ma tête s’appuya sur le dossier, m’offrant une position confortable pour les quelques minutes à venir.

“En effet, je me suis rendue chez un vieil archiviste, il y a quelques jours de cela. J’y ai trouvé un ouvrage qui se nomme “Les tréfonds de l’âme.” Cela te dit quelque chose ?” Je marquai une courte pause pour pouvoir à nouveau tirer une nouvelle taffe sur le bâtonnet doré, le regard porté sur l’horizon.

“C’est fou comme notre ami le cerveau peut-être constitué parfois. Tu savais que l’on pouvait provoquer des hallucinations rien qu’avec un chouia de ruse et de jugeote ?”



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On demande souvent aux cochets de rester silencieux, simples ombres qui menaient d'un point à un autre ceux qui font usage de leurs services, mais ce n'était pas toujours le cas et Ebraheim se trouvait en présence d'une de ses personnes qui ne prenait pas ombrage de ses remarques. À partir du moment où elles restaient modérées, sûrement. La remarque de Skala lui tira un rire amusé, mais bref. Le quartier d'Arcan était effectivement riche par sa diversité, et voilà bien l'unique richesse qu'il possédât. « Oh, ce serait avec joie, Miss. Il m'arrive de penser avoir trop dans mes poches, alors autant trouver une façon d'y remédier, non ? » rétorqua-t-il sur le même ton. L'ironie de ses propos ne lui échappait pas non plus, il fronça néanmoins les sourcils en visualisant le regard désapprobateur et empli de déception de son plus vieil ami, qu'il chassa en secouant légèrement la tête. Savoir quelle route prendre fut une distraction qu'il accueillit à bras ouverts, « Comme il vous plaira, Miss. » Il continua alors droit devant durant une petite minute avant de prendre une ruelle sur la droite, indiquant aux chevaux d'y aller au petit trot. Il y avait de la vérité dans ses propos, Ebraheim connaissait effectivement une bonne partie des raccourcis, comme bon nombre d'autres cochers, sûrement. Tout comme d'autres personnes aux hobbys plus ou moins répréhensibles.

Penser aux loisirs le ramena a leur conversation sur les livres, une sorte de tradition maintenant, à laquelle il se plaisait à répondre. Il aimait lire, Ebraheim, absolument tout et s'il appréciait tout particulièrement une histoire bien ficelée, il ne tombait pas tout le temps sur ce genre d'ouvrage, malheureusement. Il fit un son d'assentiment au nom de l'autrice mentionnée. « J'en ai lu quelques-uns particulièrement prenants, mais celui-ci, » un soupir s'échappa de ses lèvres, légèrement théâtrale, « j'ai bien peur d'avoir deviné depuis le premier chapitre comment ça se terminera. » Être un avide lecteur n'avait pas toujours que de bons côtés, « Mais parfois ne pas avoir à trop réfléchir n'est pas une si mauvaise chose. » Loin d'être un érudit ou particulièrement brillant, il appréciait de pouvoir lâcher prise en lisant tout comme il lui était agréable de devoir utiliser toutes ses fonctions cérébrales – celles qu'il possédait toujours, du moins. Ça remontait à loin, ce temps où il ne parvenait pas à déchiffrer les affiches d'avis de recherches, ou ce genre de chose qui permettait de savoir que voler la mauvaise personne pouvait vous coûter cher. Certains se fichaient de tabasser un gosse. Il réprima une grimace au souvenir, s'embarquant dans une autre ruelle.

Il éternua en silence quand la fumée lui chatouilla les narines, un jour, il s'y habituerait, un jour oui. Le nom de l'ouvrage qu'elle énonça lui disait quelque chose, mais il ne se souvenait pas de l'avoir lu, donc soit il se trouvait sur une étagère, soit il l'avait vu quelque part, « Je l'ai vu quelque part, mais j'ai bien peur de ne pas l'avoir lu. » Mais le titre l'intriguait. « Est-ce qu'il vous plaît ? » Ça importait après tout. Il fit prendre une autre ruelle à ses chevaux, fronçant le nez quand il sentit un autre petit nuage de fumée, puis il arqua un sourcil aux paroles suivantes, « Vous voulez dire comme de la suggestion ? Quelques mots bien placés dans une situation bien précise pour faire voir ce que l'on souhaite faire voir ? » Certaines personnes avaient un immense talent pour la manipulation, « Ou plutôt une espèce d'hypnose ? » une chose était certaine, la curiosité d'Ebraheim, à défaut de porter sur les activités douteuses des quelques personnes qu'il conduisait d'un point à un autre de la ville, ou plutôt il évitait de les questionner à ce sujet, était bien existante, alors autant la mettre à profit quand il était question de ce genre de sujet.
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L’art et le talent d’un bon assassin résident dans sa curiosité, dépassant ses limites, gardant toujours à l’esprit le fait que l’être vivant peut évoluer. Oui, car, se satisfaire de ses acquis, sans chercher à évoluer dans des techniques nouvelles, même, dans sa mentalité d’esprit, peut être, une faiblesse exploitable par ses adversaires. Le temps me l’avait expliqué, les erreurs faites me l’ont durement enseigné.

En route vers le quartier d’or, plus nous avancions, plus les ruelles se rétrécissaient, l’architecture de la noblesse disparaissant pour laisser place à des habitations bien moins glorieuses, plus modestes. Les flambeaux, au coin de rue, dégageaient leurs émanations d’alcool, laissant planer dans l’air un goût âcre, irritant la gorge. Mais cette bulle offerte par Eb’, me permettait de m’isoler de cet environnement, le temps d’un instant, planifiant mon plan avec recul.. Et accalmie.

Un léger sourire silencieux s’esquissa lorsqu’il me répondit sur l'état de sa lecture en cours, permettant les multiples hypothèses de s’insinuer dans les esprits les plus ouverts. Mais un bon lecteur, sait déceler - ou pas, d’ailleurs -  là où les auteurs commettent des fautes, là où la logique est bien trop prévisible.

“En effet, l’apaisement de l’esprit réside parfois dans des choses simples. Comme une lecture non trop compliquée.”


Dos à lui, ma voix était basse et pourtant assez claire pour qu’il puisse l’entendre. Les sabots claquaient leurs fers sur le bitume, un trot soutenu, une vitesse assez énergique pour pouvoir savourer l’air effleurer mon visage, tout en regardant les bâtisses défiler.

“Pour tout te dire, je viens de le commencer, le temps me manque en ce moment. Mais oui, ce que j’en ai lu me plait énormément. Je pourrais te le prêter l’occasion ? Si tu le souhaites bien sûr.”

Le sujet peut être passionnant, si l’on sait comment l’aborder. Tirant une nouvelle bouffée sur le bâtonnet d’or, n’ayant même pas pris la peine de demander si cela le dérangeait, j’inspirai le goudron pour le faire fondre dans mes poumons bien trop remplis.

“Les deux. Les deux fonctionnent, si l’on sait utiliser les bons mots. Comment crois-tu que les plus grands manipulateurs sont parvenus à leur fin ? Plus qu’une illusion, il faut y croire soi-même, il faut en être convaincu, pour qu’autrui puisse percevoir l’objet de vos désirs.”

Je marquai une courte pause, laissant un moment de silence planer, pour essayer d’expliquer quelque chose, qu’une personne trop pragmatique ne pourrait accepter.

“L’esprit est si malléable, une personne en confiance pourra facilement croire à tout ce que vous lui dites. Par exemple, les mythomanes, arrivent souvent à faire avaler leurs pipos. Pourquoi ? Car ils sont  persuadés eux-mêmes de leurs propres mensonges. C’est dingue.”

L’hypnose,  je pourrais travailler cela avec l’un de mes murmures, enseigner l’élasticité de l’esprit, la souplesse de l’âme.  L’hypnose, peut-être une nouvelle technique pour arriver à ses fins. Technique que chacun peut utiliser à son escient.

J’observai le paysage, quand je reconnus une intersection. Me rapprochant de mon but, aboutissant bientôt à l’inévitable.

“Tu peux tourner à la prochaine à droite, s’il te plait. Puis la deuxième à gauche. Il y aura une grande bâtisse bleu nuit, ce sera là.”




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Ebraheim, on lui avait enseigné à lire sur le tard. L'équipage ne s'était occupé que des mots les plus basiques, mais surtout des noms de remèdes s'il devait se charger d'aller en chercher avec le docteur du navire. Au-delà de ça, il était incapable de lire ne serait-ce qu'une ligne d'un livre. Et ne parlons pas de l'écriture ; si aujourd'hui Ebraheim parvenait à se faire comprendre à l'écrit, il fallait s'armer de patience pour parvenir à le déchiffrer, sauf s'il prenait un soin particulier à ses lettres. Ce qui n'arrivait que dans un cas très particulier auquel il ne tenait pas vraiment à penser. Il fallut beaucoup de patience pour lui enseigner la lecture, mais le calvaire en avait fallu la chandelle car rare était une journée où il ne plongeait pas quelques minutes dans un bouquin. De tout, il lisait. Alors oui, il lui arrivait de mettre la main sur des récits peu fascinants à la chute déjà tout faite, mais il était bon de ne pas avoir à trop réfléchir des fois, juste des mots voguant sur des pages sous les remous des chapitres. « Exactement. » se contenta-t-il de répondre, avec un hochement de tête qu'elle ne verrait pas. Quelques instants plus tard, il tournait légèrement la tête, sourcil arqué de surprise, « J'apprécierais énormément. Mes remerciements pour la proposition. » Évidemment, qu'il n'allait pas laisser passer une occasion de profiter d'une telle lecture.

Un nouveau nuage de fumée passa sur son visage, alors qu'il réfléchissait à haute voix à ce que sa cliente venait de dire. Suggestion, hypnose, beaucoup étaient passés maîtres dans l'art, si tant était l'on pouvait les décrire ainsi. Croire en l'illusion de ce que l'on veut être vrai, il connaissait Ebraheim, mais l'illusion se brisait toujours, dans un fracas douloureux, le ramenant à la triste réalité de ce qu'il avait fait, faisait et continuait de faire. Ses lèvres se serrèrent en une ligne fine et ça le soulageait d'être de dos, « C'est aussi passionnant que terrifiant. » Il fit une légère pause, puis reprit, « Ce qui explique pourquoi les politiciens sont convaincus d'être la voix de la raison. » Il eut un reniflement amusé à sa propre remarque. Il remarqua cependant l'absence de remarque sur la condition de l'hypnose et il ne pouvait s'empêcher de l'ajouter à la liste des mystères qui entouraient Skala Gil'Otrov.

« Tu peux tourner à la prochaine à droite, s'il te plait. Puis la deuxième à gauche. Il y aura une grande bâtisse bleu nuit, ce sera là. » À peine ces paroles prononcées qu'il tournait à gauche, comme indiquer, « Nous ne devrions donc pas tarder. » Il fallait parcourir une longue ruelle, avant de pouvoir prendre à gauche, « Bleue nuit vous dites ? J'imagine que vous parlez de la couleur et non pas du voile nocturne. » Son humour valait ce qu'il valait, d'accord. Ils se rapprochaient de la prochaine ruelle à prendre, mais il en profita pour demander une précision sur cette course tardive,« Vous souhaitez que je vous attende devant la dite bâtisse, ou un peu plus loin ? » S'il ne se méprenait pas, il y a avait une intersection où il n'était pas rare de quelques cochers s'arrêter en soirée, mais peut-être se trompait-il. Ebraheim fit ralentir les chevaux quand il leur fit prendre à gauche, prenant bien soin de rester au milieu de la route recouverte de cailloux et pierres en tous genres qui firent sauter la voiture plus d'une fois. « Je vous y dépose devant, » la silhouette commençait à se dessiner sur le côté, « ou un peu plus loin ? » La cliente était reine, après tout, il se devait de savoir ce qui conviendrait le mieux.

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Ne pas prendre parti. Ne pas se laisser influencer dans une guerre qui ne profite qu’à certains, devenant les petits pions de l'échiquier. C’était malheureux, mais j’avais eu l’exemple type de ce genre de personne avec les Gil’Otrov, s’offrant corps et âme à la royauté. Alors oui, loin de moi de penser qu’il avait tord, sa remarque étant plutôt perspicace, même si les politiciens ne sont réellement pas dangereux, ressemblant à des gamins se chamaillant pour une bourse de bille, ici, la couronne.  Un rire léger, sincère vint s’offrir sur mon visage, car sa vision des choses me plaisait bien.

“Ce n’est que peu de le dire. “
Répondis-je dans un souffle, laissant de côté le sujet plus qu’intéressant de l’hypnose. Sujet offrant des nouveaux indices qui ne servait à rien d’offrir sur un plateau d’argent. Certes, je lui faisais confiance, ayant eu quelques renseignements sur lui, je le savais inoffensif, et loyal. Un cocher s’adonnant au plaisir de récupérer ce qui aurait pu, potentiellement, lui appartenir. Le voleur des pauvres, empêchant les plus aisés de s’en rajouter pleins les poches. Non, ça ne me dérangeait pas, sinon il ne serait pas là à m'emmener dans mes plus viles destinations. Mais, je me devais, tout de même, de faire attention. Prudence est maître mot d’une liberté certaine.

L’heure approchait, jetant un nouveau coup d’oeil sur le compteur doré, les battements de mon coeur, d’ordinaire calme, s'accélèrent légèrement. Sa petite vanne n’eut que l’effet escompté, ramenant à la réalité des visions, déjà bientôt loin. Au coude du carrefour, la bâtisse bleue apparue devant nous, grandissant à vue d’oeil, majestueusement. Réfléchissant quelques secondes à l’interrogation du cocher, je pris soin de lui répondre avec assurance.

“ Tu peux me déposer et m’attendre un peu plus loin, si cela te convient. Je ferais le reste à pied. “

En effet, l’espace de la route ne permettait pas à la carriole de stationner devant. Mais il était aussi préférable, par discrétion, de ne pas s’y faire voir, surtout que je ne comptais pas utiliser cette entrée-là. Ebraheim était quelqu’un d’attentionné, même avec ses clients qui pouvaient paraître les plus.. Étranges. Rien que pour cette qualité, je ne pouvais me permettre de lui attirer des ennuis, aussi anodines qu’elles pussent être.


Le véhicule ralentit au rythme des martèlements de sabot. Nous approchions de ladite intersection, là où il s’était proposé de m’attendre. Sans lui en avoir alloué la requête, de lui-même il avait devancé ma demande, un naturel si serviable qui serait dûment récompensé. Alors que l’ola se fit entendre, les roues s'arrêtèrent nettes, et dans un souffle, me penchant vers lui, telle une voix dans son dos, je lui murmurai rapidement:

“Je  n’en ai que pour une dizaine de minutes. Ne m’attends pas si le délai est dépassé.”

Posant une bourse sur le siège à côté de moi, de quoi payer cette course et son retour, plus un petit supplément, je m’éclipsai sans un bruit, aussi silencieuse qu’un serpent traquant sa proie. Je glissai dans les ombres, n’offrant qu’aux plus curieux une silhouette noire se fondre avec la pierre des bâtisses. Contournant le pâté de maisons, je passerais par-derrière pour entrer, là, où mon butin m’attendait sagement. Dix minutes.. Seulement dix minutes, si je ne voulais pas rentrer à pied.





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Cette passion qui portait parfois les gens quand ils discutaient politique, Ebraheim y était étranger. Cette colère, également, qui habitait ceux contre le régime, voire cette fureur qui en aveuglait certain, ça le touchait pas tant que ça. Il reconnaissait l'injuste, la misère et la douleur, l'hypocrisie, l'opportunisme et le mensonge, il les côtoyait chaque jour à la capitale. Et si ça l’écœurait, parfois, il choisissait de faire son chemin dans son coin, menant sa vie avec une amertume tenace à mesure que les années s'écoulaient et que les réponses n'apparaissaient pas. Alors oui, le sujet ne le passionnait pas, mais ça ne signifiait pas qu'il restait aveugle pour autant, d'où cette remarque et la réponse de sa cliente lui tira un léger sourire. En tant qu'employée du ministre des finances, elle devait forcément en voir bien plus que lui. Cela dit, s'il y avait bien une chose qu'il avait remarquée de par leurs échanges, était cette neutralité qu'elle conservait dans ses propos.

Cependant, il ne pouvait vraiment s'appesantir sur ces questions, la destination finale se rapprochait rapidement, aussi les questions plus techniques et pratiques entrèrent en jeu. Où la déposer, attendre ou non ? Voilà l'étendue du genre d'interrogations qu'il se permettait, après tout, ça faisait partie de son travail et s'il tenait à le faire correctement, il se le devait. « Très bien. » répondit-il simplement, alors qu'il faisait avancer les chevaux. Quelque part, voilà un choix qu'il préférait et si Miss Gil'Otrov voulait qu'il se fasse discret, il n'allait pas rechigner. Au contraire, même. Alors fatalement il s'arrêta, « Je n'en ai que pour une dizaine de minutes. Ne m'attends pas si le délai est dépassé. » Il fit un léger son de gorge en guise d’acquiescement, « C'est entendu. » murmura-t-il doucement. À peine l'entendit-il s'éloigner, ses pas feutrés à peine discernables.

Patienter, il savait très bien le faire, Ebraheim, parfois avec une certaine rancœur mais d'une façon plus commune et qui ne lui rappelait pas le cheminement tordu de ses pensées, il pouvait attendre sans problème, qualité qu'il fallait posséder quand on cherchait à échapper à une personne mécontente de se faire chiper une pomme ou deux et en tant que voleur, disons qu'il s'agissait d'une vertu, dirons-nous. Néanmoins, la curiosité qu'il éprouvait à l'égard de ces courses tardives qui ponctuaient des soirées de cette cliente ne l'aidait pas à patienter tranquillement, alors il se retourna plus d'une fois pour essayer de discerner la silhouette de la femme. Les minutes s'écoulèrent, se rapprochant dangereusement du délai énoncer plus tôt. C'est quand il entend à nouveau du bruit qu'il se retourna, fronçant les sourcils en reconnaissant la silhouette de sa cliente. Il descendit rapidement, allant à sa rencontre. Cette fois-ci, il écarquilla les yeux en remarquant les taches sombres qui maculaient la femme. « Miss, est-ce qu'une partie de ce sang est à vous ? » À ce stade, il devrait reconvertir son fiacre, le soir, en hôpital portatif.
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Un dernier coup d’oeil à la montre à gousset avant d'entrer dans les ténèbres. La porte de derrière, là où personne ne m’attendrait, là où les paires d’yeux curieux ne pourraient m’apercevoir. Feutrée, seule, le silence régnait en maître dans cette demeure, et seul le crépitement des flammes dans les étages, attirait mon oreille à mesure que je montais l’escalier. Un salon, une pièce terne, un grand fauteuil disposé au coin du feu et une silhouette, un verre à la main. Il était là, comme prévu, comme convenu. Restant dans l’encadrement de porte, glissant un rauquement de gorge pour prévenir de ma présence.

“Humm.. Bonsoir très cher Julian.” Un battement de cil accompagna ma voix rauque, un léger rictus s'immisça entre mes paroles.

“Vous.. Vous êtes l’Index ?”

Sa voix faussement tremblante venait se tourner vers moi, laissant ses pupilles me dévisager, tout aussi étonné qu’il voulût bien le laisser paraître. Une légère courbette confirma mon identité, ironiquement réalisée. Qu’un homme parmi tant d’autres, persuadé de pouvoir jouer avec le feu, un brasier qu’il ne contrôlait pas. Croyant une demie-seconde pouvoir berner la main, rendre justice à une âme perdue. Mais je jouais, j'aimais tellement ça, rentrer dans le rôle, et me laisser guider dans cette mascarade, théâtrale pièce qui mettait un peu de piquant dans la monotonie de la vie d’acteur.

“Heureux que vous soyez venue. Approchez, puis-je me permettre de vous offrir un verre?”

L’homme dégarni se leva, se rapprochant du bar pour y servir l’alcool brunâtre dans son verre. D’un geste de main, je refusai l’offre tout en m’approchant de quelques mètres, détaillant les lieux, cherchant la faille, ce qui aurait pu mettre la puce à l’oreille d’un sourd.

“Merci bien, mais je ne suis pas venue pour cela. Venants ont au fait.” Marquant une légère pause pour sortir mon écrin à cigarette, une nouvelle tige venant s’allumer entre mes lèvres. Chaque seconde comptait, et pour accomplir une mission propre et nette, il faut savoir ne pas précipiter les choses. Mais, être prêt à agir rapidement le moment venu. Je relevai mon regard de la cancéreuse, pour le plonger dans le sien, à quelques mètres de moi.

“Quelle est votre offre?”

Directe et des plus sérieuses, j’extirpais une taffe sur ma énième cigarette, laissant la brume se déposer dans l’atmosphère.

“Vous aurez toutes les informations sur la desserte, derrière vous.”

Glissant un regard en biais sur le côté, j’y vis une console surplombée d’une montagne de papier. Photo, bourse d’opales, tout avait l’air d’y être. Quelle belle mise en scène, c’était fabuleux, et de jouer à son jeu me plaisait, m’enivrait. Je fis mine d’aller voir, gardant un oeil sur l’homme morose. Alors que j’effleurai la brochure du bout des doigts, gardant ma main droite en l’air pour y tenir la fumante, une photo surprenante m’interpella. Un visage que je connaissais, un visage qui avait rencontré ma lame, bien des années auparavant. Un instant de faiblesse, une minute d'inattention, et ce fut l’erreur de trop. Sans avoir réussi à anticiper ses pas trop lourds, sans avoir devancé l’inévitable, il s'abattit sur moi, tel le fardeau d’une vie, avec son coupe papier en guise de dague. La pointe pourfendit mes côtes, plantant la lame assez profondément pour que j’émette un grognement rauque. Je sentis le froid de l’acier, le sang couler lorsqu’il la retira de mon corps. Mais il était trop tard, le sang, j’avais vu mon sang couler.

Experte au corps à corps, mon pied s’élança pour le désarmer, virevoltant, une deuxième pirouette pour heurter son visage choqué. S’attendait-il à ce que je m’écroule? À ce que je tombe sous le coup de sa lame ? Peut-être, mais l’adrénaline gagnait, elle gagnait toujours. Il perdit l’équilibre sous mon coup puissant, profitant de son basculement pour sortir ma dague. Je vins m’accroupir aussitôt sur lui, bloquant ses gestes avec ma jambe, attrapant sa gorge pour y enfoncer mes ongles dans sa peau.

“Vous... Vous me l’avez enlevé… J’ai tout perdu à cause de vous.” Il tremblait. Véritablement cette fois-ci, de tout son corps, de tout son être. Je sentais son souffle coupé sous mes fins doigts, je sentais la peur véritable dans ses iris, essence de mes désirs.

“Si vous aviez eu un brin de jugeote, vous auriez compris que ce n’est pas à l'exécutant qu’il faut s’en prendre, mais à la source. Votre douce a été enlevée, mais je vous assure que maintenant, vous allez la rejoindre.”


Un rictus de satisfaction se faufila tel le serpent. Et alors que je le regardais une dernière fois, cherchant cette flamme qui l’avait animé à agir ainsi, ma lame glissa sur sa gorge, ouvrant sa tranchée, laissant la déchirure béante. Un chuchotement inaudible vint caresser son oreille, plus pour son âme que pour lui même.

“Prie pour que l’indulgence d’Ahara t’accepte entre ses bras. “


Je frôlai mon index dans son sang encore chaud, pour apposer la marque sur son front. La marque de l’Index, la marque d’Ahara. D’un bond maitrisé, je me relevai habilement tout en cherchant la montre à gousset. Les dix minutes approchaient. Et si je ne voulais pas rater mon carrosse de cette nuit, je devais me dépêcher. Récupérant ma cigarette posée sur la commande, attrapant la bourse d’opale au passage, je dévalai les escaliers pour sortir de ce cimetière d’argent.

L’air frais me fit du bien, et quand l’adrénaline redescendit, la plaie s’annonça, me prouvant que je n’étais encore qu’une simple humaine. Mes pas se firent rapides, lourds par la douleur qui m’envahissait. Les contours de la carriole se dévoilèrent sous les rayons de Wilnir, les deux lunes atteignant leur apogée de cette nuit. Le visage chaud d’Ebraheim, rassurant et inquiet à la fois, descendit à mon approche. Me posant la question par rapport au sang encore frais sur ma pelisse, je répondis d’une voix éraillée, mensongère.

“Non, bien sûr que non voyons.” Je m’engouffrai à toute vitesse dans la diligence tout en tenant mes côtes, en tenant le peu de dignité qu’il me restait. Je regardai ma main, juste pour être sûre que le cocher n'eût pas raison, à tort.

“Enfin... peut-être que oui. Mais.. Nous devons partir Eb’.. Vite.”

Pressante, peu rassurée, oui je perdais beaucoup de sang, peut-être même trop. Il fallait agir, et vite. Que ce soit pour mon triste sort, ou par rapport à notre position. Je ne pouvais me permettre d’attiser le danger sur Ebraheim, non je ne pouvais pas.




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Dix minutes. La durée parfois qu'il prenait pour un petit vol bien organisé, se montrant le plus prudent. Il se pouvait que ça prenne plus de temps, ou beaucoup moins, mais en homme consciencieux, Ebraheim préparait la chose avec soin afin d'éviter le plus de problèmes. Le Serment n'approuvait pas d'assommer le propriétaire de l'objet désiré, alors autant éviter de se prendre un coup en répercussion. Il ne rajeunissait pas et s'il paraissait toujours en très bonne forme, il lui fallait de plus en plus de temps pour récupérer et se soigner, ce qui s'accordait difficilement avec son travail. Dix minutes, ça pouvait se passer aussi rapidement que très lentement et alors qu'il attendait sa cliente, il en conclut que la seconde option était la bonne en vérifiant pour la énième fois sa montre à gousset, indiquant seulement que deux minutes s'étaient écoulées.

Puis cinq minutes. Il poussa un long soupir, levant les yeux vers les cieux, cherchant les constellations avec lesquelles il était le plus familier, une voix tant aimée jouant de son esprit alors qu'elle détaillait ce à quoi elles correspondaient. Il détourna le regard, la mâchoire serrée, s'il voulait être efficace, il se devait d'éviter cette nostalgie dévastatrice. Il ouvrit à nouveau sa montre, la fusillant du regard. Il ne pouvait même pas se permettre de sortir son livre, puisqu'il n'y voyait pas suffisamment pour avancer dans cette histoire dont il avait déjà deviné la fin. Alors il prit son mal en patience, l'ouïe aux aguets alors qu'il réprimait cette envie de suivre le chemin que Skala avait emprunté quelques minutes plus tôt.

Alors il attendit que les minutes s'écoulent, soulagé d'entendre finalement des pas se rapprocher, puis s'inquiétant quand il descendit et que son regard se posa sur la silhouette d'ordinaire immaculée de l'employée du ministère. Le sang était une matière qu'il reconnaissait facilement désormais – ça n'était pas forcément un don – donc il questionna la jeune femme à ce propos, « Non, bien sûr que non voyons. » Il la suivit du regard, pas le moins du monde impressionné. « Vous avez l'air particulièrement en forme effectivement. » remarqua-t-il avec sa sagesse ordinaire. « Enfin... peut-être que oui. Mais... Nous devons partir Eb'.. Vite. » Il fronça les sourcils alors qu'il entrait à son tour à l'intérieur de son fiacre. « Pas avant que vous me disiez où vous êtes blessée, pour que je vous recouse. » Une bonne chose qu'il possédât une boîte bien remplie de ce genre de matériel. « Je tiens pas à ce que ma légende disparaisse en même temps que vous relâchez votre dernier souffle ici. » Il arqua un sourcil, « Ça ferait une trop mauvaise publicité. Vous comprenez j'espère. » malgré ses paroles, l'inquiétude perçait dans sa voix, alors qu'il perdait patience. Ça devenait une habitude, de récupérer du monde à la limite de la conscience, s'il devait se montrer honnête, Ebraheim n'en était pas particulièrement fan.
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La sagesse et le sang-froid. Voilà ce qui caractérisait à merveille les traits sérieux du cocher. Il avait dû en voir, bien d’autres, et des biens pires. Mais alors que je rentrais dans le fiacre, tenant la plaie qui s'était remarquablement agrandie depuis la descente des escaliers, je m’assis lourdement sur la banquette. Son ironie m’arracha un sourire douloureux, clamant l’indéniable renie dont je faisais part. Quelle abrupte idiote pour ne pas saisir cette main que l’on me tendait, pour dénier assumer que j’avais, un tant soi peu, fauté. Oui, c’était ça, mon égo, qui me dépassait, refusait catégoriquement l’erreur.

Qu’il était beau de voir le recul dont il faisait part. Insondable, il ne cherchait pas, il ne voulait pas comprendre. L’important était de sauver son carrosse, et par la même occasion, ma vie.
Un rictus en coin chuchota d’une voix douloureuse.

“Tu as des talents cachés, Ebraheim ? Je connais un endroit pour ce genre… d’accidents. Nul besoin de te salir les mains. Nous pouvons y aller de ce pas, je tiendrais, je te l’assure.”


Tout de même, il entra à ma suite, pointant un sourcil vers moi, des pupilles plus que convaincantes, tenant à une réputation qu’il méritait. Inspirant, un air devenu bien trop fade, qui ne suffisait plus à contenir cette douleur, malgré de multiples entraînements, malgré un flegme à toute épreuve, je ne pouvais tenir bien longtemps. Rabattant ma pelisse pour laisser entrevoir la plaie, un tiraillement me déchira, et d’un grognement sourd je me libérai.

Attrapant le voile noir qui servait de rideau, ma main, du carmin brut ensanglanté, vint se poser sur le carreau, laissant la trace, ma trace, une inadvertance, que je regretterais bien des jours suivants. La soie tirée, l’endroit en fut cloisonné, fermé à toute visibilité, à toutes étranges curiosités possibles

“Et bien, si tu insistes. Je ne voudrais salir ta réputation, par ce petit problème.  “

Soulevant mon cardigan pour laisser ma peau pâle refléter le rouge rubis, mes côtes, à nues, se soulevaient au rythme de ma respiration haletante. La plaie, aussi large soit-elle, venait occire tout mon côté droit, parallèlement au coeur. Un sourire intérieur remerciait le bougre de ne savoir viser, ou peut-être de ne pas connaître son anatomie, chose qui m’avait surement sauvé la vie.

Le glaive s'agitant invisiblement au-dessus de  mon échine, laissait parcourir les mille frissons que l’adrénaline avait contenus, quelques minutes plus tôt. Alors, mes yeux à demi clos, se plantèrent dans ceux du voleur de l’ombre, impuissante face au mal qui rongeait l’os, qui rongeait l’âme. D’un souffle, quelques mots s’extirpèrent malgré la douleur.

“Tu as l’air de savoir t’y prendre après tout.. Je te fais confiance.. Je te fais confiance Eb’.”

Un geste las, et la main sanguinolente, laissant le libre accès à la plaie béante, vint s’échouer sur le siège.




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Voilà une situation avec laquelle Ebraheim était étrangement familier, se retrouver avec son client gisant dans son sang à l'intérieur de son fiacre, à cette continuité s'ajoutait la façon dont on se bornait à prétendre que tout allait parfaitement bien. Enfin, il pouvait parler, mais niveau fierté mal placée, la sirène se posait là et le pire c'est que ça n'avait rien à voir avec une confiance absolument en ses capacités, mais plutôt un refus de reconnaître que les traces du temps commençaient à le marquer. « Tu as des talents cachés, Ebraheim ? Je connais un endroit pour ce genre… d’accidents. Nul besoin de te salir les mains. Nous pouvons y aller de ce pas, je tiendrais, je te l’assure. » Le regard peu impressionné qu'il lui lança en disait long sur ce qu'il en pensait, de cette remarque. Certains argumenteraient qu'il avait déjà les mains salent, mais rares étaient ceux qui les avaient immaculés de toute façon, surtout dans la capitale. Cette perception dépendait aussi beaucoup du point du vue sur lequel on se plaçait. « C'est vraiment l'impression que tu donnes, oui. » marmonna-t-il, sans s'en empêcher, le passage au tutoiement se faisant naturellement alors qu'elle entrait dans son fiacre pour s'y vider de son sang.

Il pénétra à l'intérieur de son fiacre, suivant Skala de quelques secondes, clamant qu'il en valait de sa réputation et il l'observa fermer refermer le rideau de la fenêtre. N'étant pas aveugle ou sourd à sa douleur, il grimaça légèrement en l'entendant grogner, expression que s'accentua quand il posa enfin les yeux sur la plaie enfin  découverte, « Et bien, si tu insistes. Je ne voudrais salir ta réputation, par ce petit problème. » Il ne manqua pas de noter qu'elle n'insistait pas énormément pour qu'il la laisse se débrouiller, ce qui était en soi une très bonne chose. « En l'état actuel des choses, c'est plutôt l'intérieur d'ici qui va être sali. » Il s'approcha pour mieux observer la plaie, « T'es salement amochée. » remarqua-t-il avec un grand flegme. Et il aurait fallu qu'il soit vraiment benêt pour ne pas saisir le souhait de blesser fatalement. Non pas qu'il poserait la question. « Tu as l’air de savoir t’y prendre après tout.. Je te fais confiance.. Je te fais confiance Eb’. » Il mentirait en clamant que ce n'était pas agréable à entendre, surtout après tout ce temps. Ebraheim lui offrit un léger sourire, « Sage décision. Bouge pas, je vais chercher ce qu'il faut pour nettoyer ça et recoudre. » Sans plus attendre il sortit rapidement pour s'emparer de la fameuse boîte contenant aiguilles et alcools, bandages et compresses.

Il revint à l'intérieur aussi rapidement qu'il était partit, les sourcils froncés, il regarda avec intention la large plaie, « Faut que je désinfecte, » commença-t-il alors qu'il sortait ce dont il aurait besoin, « J'ai de l'hydromel, mais je doute que t'ai particulièrement envie de prendre une rasade. » Il s'empara d'alcool à désinfecter, se nettoyant les mains avec ce dernier qu'il avait renversé sur un tissu propre, puis il en renversa sur un autre, se redressant cette fois, « Tu veux un morceau de bois à mordre ou pas ? » Ça n'allait clairement pas être une partie de plaisir, alors autant lui laisser l'option, « Je vais pas te demander le pourquoi du comment, ça m'regarde pas. Simplement, ça ressemble pas à une entaille faite par une dague ou poignard, c'est trop grossier. » Finit-il en hésitant légèrement sur le meilleur mot correspondant. Il espérait qu'il n'y avait pas non plus de poison, mais si c'était le cas, ça dépassait clairement ses compétences. « Quand t'es prête. » Une fois son accord donné, il commença enfin à nettoyer la plaie, sur toute sa longueur et n'hésitant pas à ajouter une bonne couche d'alcool s'il le fallait. Le plus simple terminé, il laissa les tissus de côté pour s'emparer d'une aiguille qu'il stérilisa en la passant entre la flamme d'une lampe qui éclairait l'intérieur. Il l'essuya ensuite, avec le tissu imbibé d'alcool, s'armant de patience pour y glisser le fil dans le chas juste après. « Le plus agréable maintenant. » Le plus long aussi. Encore une fois, il attendit l'accord de Skala et une fois chose faite commença à recoudre la peau.
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Ce qui nous fait nous sentir vivants. Sentir l’air bourrer nos poumons, sentir le vent frétiller sur notre peau, sentir le souffle chaud d’une nuit d’espoir, sentir le sang âcre couler sur notre peau et surtout sentir, cette douleur qui t’enivre. Tu sais, cette endorphine naturelle, qui glisse doucement dans tes veines? Qui t’anesthésie les membres, doucement, un à un, commençant par des petits fourmillements dans la plante des pieds, pour finir comme un énorme cocon recouvrant ton être en entier. Ton cerveau plane, et tu pars en délire. Les yeux demi-clos, t’emporte dans un monde bien plus doux, bien plus tendre. Mais non, vous savez, j’ai su résister, garder la face, malgré d’innombrables blessures, malgré des maux titanesques. Une sorte d’introversion à l’intérieur de soi, mâchoire serrée et regard fumant.

Un rictus en coin s’immisça lorsqu’il employait enfin le tutoiement. Sur le même pied, nous allions maintenant danser, maintenant s’égaler.  Je n’étais pas supérieure à lui, et loin de me considérer comme tel, c’est juste que, cette manie de bienséance me dépasse parfois. Chacun agit comme il le désire, gardant une barrière qui pouvait paraître pour du respect, ou juste une simple distance dans les relations. Mais elle venait d’être franchie, il avait passé un cap. Peut-être que de me voir gisant dans sa calèche, aidait en la chose.

Eb’ s’empressa d’aller chercher à ce qui s’apparentait être une trousse de secours. Comme quoi, on est jamais assez prévoyant, ce qui ne m’étonnait pas venant de sa part. Un remerciement sur mon visage silencieux, remplacé aussi vite par une grimace, lorsque la voiturette bougea à sa descente. Ça faisait un sacré mal de chien, putain.

À son rapide retour, je tentais de décompresser la situation, en glissant quelques mots entrecoupés par un souffle saccadé.

“Tu es bien équipé, pour un simple cocher..”


Ô non, ce n’était pas juste un simple cocher. Son expertise, son sang froid, agir en circonstances critiques. Je le dévisageai, essayant de percer dans ses prunelles un masque nouveau, aux mille visages. M’imaginant un passé parsemé d'embuches, un passif d’aventurier, ceux qu’on voit dans les romans les plus intrépides. Je divaguais..
Le liquide brunâtre coula sur ma plaie, et d’un geste brut je m'emparai de la bouteille pour la porter tant bien que mal à mes lèvres. Quelques lampées, mon regard ne perdait pas son ardeur alors que je le plantais dans le sien. S’il y avait bien un remède, c’était celui-là.

“Tu m’connais encore trop mal, l’artiste.”

Mêlé à la provocation, un sourire de défi se pointa en sa direction. Si je pouvais atténuer la douleur, et oublier ce malheureux désagrément, au moins jusqu’à demain, je ne cracherais pas dessus. Une nouvelle gorgée, puis je reposai la bouteille à côté de nous. Analysant le moindre de ses faits et gestes, à la fois prudente et confiante, ses mains s'agitèrent sur la plaie, expertes et consciencieuses.


C’est alors qu’il me proposa un bout de bois à mordre pour étouffer la douleur. J’eus un rire sarcastique, qui venait du fond du coeur. Gardant ce vieux sourire presque pervertis par la douleur, légèrement blessée par cette sous-estimation qui se justifiait. Il ne me connaissait pas, après tout, il ne pouvait pas se douter une seconde, que ce n’était pas la première fois, que ce ne serait sûrement pas la dernière.

“C’est ce que je dis.. Tu ne me connais pas encore assez. J’en ai vu d’autres.”


Du bout de menton, je lui refusai son bout de bois, arquant un sourcil à sa deuxième phrase. Là, il avait marqué un bon point, remarquant que, ce qu’un expert de l’arme blanche pourrait reconnaître. Une grimace plus tard, reprenant le peu de souffle qu’il me restait de mes dernières phrases, je lui glissai, le plus bassement possible.

“En effet, tu as l’oeil aiguisé. C’était la pointe d’un ouvre-lettre. Tu sais, parfois les problèmes d’argent provoquent des réactions assez.. Divergentes.” Je déglutis une nouvelle fois, m'apprêtant au pire. “ C’est un métier à haut risque le ministère des Finances.. J’aurais su, j’aurais choisi celui de la Guerre.”
Glissant cela sur un malencontreux accident de travail, avec une note d’humour mal placé, une simple réclamation mal prise, ceux qui ont le plus d’argents, sont ceux qui ont le plus de mal à s’en défaire. Ma foi, ce n’est pas vraiment faux. Du moins, ça aurait pu être le cas.

L’aiguille s’approcha, dangereusement, après qu’il eut désinfecté toute la plaie. Le pire arrivait, et j’allais en chier. C’était peu de le dire. Il fallait que je me concentre, sur autre chose, occuper mon esprit, le distraire de ce fil qui allait recoudre ma peau. Glissant ma main une nouvelle fois vers la bouteille, j’en bus une rasade avant de lui lancer d’un grognement.

“Vas-y qu’on en finisse.”

Les battements de mon coeur tremblaient intérieurement, mais mes pupilles s’accrochèrent aux siennes, ne laissant rien transparaître.

“Alors, dis-moi… Tu as appris tout ça où ?”



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Ebraheim Garäye
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✧ Idéologie : Il esquive la question, c'est plus simple. Bon pas toujours, mais passons.
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Il pouvait dire ce qu'il voulait, Ebraheim, il n'aimait pas réellement voir qui que ce soit se vider de son sang. Encore moins dans son lieu de travail, d'une part, ça faisait désordre, d'autant plus que ce n'était pas toujours le plus simple à nettoyer, mais également parce qu'il entendait encore les paroles de Früch, clamant que soigner importait plus que beaucoup de choses – ajoutant avec un certain amusement que c'était également la porte ouverte à la collection de plusieurs dettes qui pouvaient s'avérer utile sur le long terme. Früch était terrifiante, mais Früch avait été dévorée par les flots des années plus tôt. Enfin, Ebraheim avait eu trop l'habitude de ceux qui détournaient le regard, prétendant ne pas voir le visage d'un enfant tuméfié. Donc quand il le pouvait il soignait, recousait et indiquait un ou deues bonnes adresses. Mais il n'était pas non plus leur père, à eux de faire preuve de bon sens et accepter l'aide offerte, au lieu de parlementer pendant une plombe, perdant de précieuses minutes et perdant encore plus de sang. Ce n'est pas comme s'il était vital de le conserver à l'intérieur de soi, ce liquide-là, non, du tout.

« Tu es bien équipé, pour un simple cocher. » Il se contenta d'arquer un sourcil, « Je poursuis les préceptes qu'on m'a enseignés, plus jeune. » Il se pouvait qu'il soit déplacé que l'amusement brillât dans ses prunelles en prononçant ses paroles, « A savoir proposer mon aide quand il est clair que c'est nécessaire. » Ajouta-t-il distraitement alors qu'il s'occupait de sortir ce dont il allait avoir besoin. Il ne mentionna pas qu'il n'insistait pas avec la même violence que l'ancien docteur du vaisseau pirate. Même si, parfois, il pouvait comprendre l'envie d'assommer la personne qu'on voulait aider. On pouvait également assommer une personne avec la boisson, voilà donc l'une des raisons pour laquelle il conservait cette bouteille d'hydromel, qu'il proposait à chaque fois et une fois n'était pas coutume, elle se vidait rapidement. Il lui lança un regard peu impressionné, pour hausser ensuite les épaules, il espérait simplement qu'elle avait raison d'avoir autant confiance en ses capacités et à ne pas ameuter toute la rue. Le but se voulait d'être plutôt discret, après tout. Alors il rangea le morceau de bois, se permettant de faire remarquer à quoi ne lui faisait pas penser le type de blessure qu'elle portait. « En effet, tu as l’oeil aiguisé. C’était la pointe d’un ouvre-lettre. Tu sais, parfois les problèmes d’argent provoquent des réactions assez.. Divergentes. C’est un métier à haut risque le ministère des Finances.. J’aurais su, j’aurais choisi celui de la Guerre. » incapable de retenir un reniflement amusé, malgré la situation, il rétorqua aussitôt, « Au moins t'es pas aux cuisines, imagine le désastre que ça aurait été avec un couteau à beurre. » et la détermination souhaitée pour blesser.

La suite fut moins riche en discussion, alors qu'il s'occupait de la recoudre du mieux qu'il le pouvait. Ce qui serait sans doute déjà mieux que rien. Il maniait l'aiguille avec une grande précision, conscient de la façon dont Skala l'observait. « Alors, dis-moi... Tu as appris tout ça où ? » Sans quitter des yeux la plaie qu'il recollait petit à petit, il arqua un sourcil, lui jetant furtivement un coup d'oeil. La question qu'il se posait maintenant, était ce qu'il devait répondre, pouvait répondre. « Un docteur m'a rapiécé quand j'étais gamin et elle m'a appris les bases. » Un autre temps, une autre époque et ça s'approchait autant de la vérité qu'il était disposé à partager. « Notamment en ce qui concerne recoudre les gens. » Peut-être qu'il avait pris un certain malin plaisir à parfois piquer l'aiguille un peu trop profondément, quand un des membres de l'équipage se montrait moqueur à son égard. Une chose qu'on apprenait vite, on ne se met pas en froid avec la personne en charge de vous soigner. Il continuait d'ailleurs sérieusement sa tâche, tirant parfois un peu sur le fil pour que la plaie soit le plus fermée possible. « Tu devrais avoir une cicatrice plus propre que la plaie que t'as reçue. » Il pouvait bien être fier de ses capacités, non ? Arrivé à la moitié, il attrapa un des tissus pour éponger la blessure, le sang ne cessant d'y couler, « Qu'est-ce qui t'as poussé à rejoindre le ministère ? » Il n'y avait rien de mal à poser cette question, pas vrai ? D'autant plus qu'il devait veiller à ce que Skala ne perde pas connaissance et converser lui semblait la meilleure solution. De longues minutes plus tard, il marquait le point final avec un certain soulagement. Il nettoya à nouveau la plaie, avec de l'alcool, il redressa la tête pour planter son regard dans le celui de la femme, « Tu préfères laisser comme ça, ou que je te mette un bandage ? » Il observa à nouveau la blessure, « Pas dis que j'en ai suffisamment pour que ça couvre tout, mais au moins un bonne partie. » Il fit craquer sa nuque qui commençait à être douloureuse. « Tu me dis. »
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Life is to short for fear
Ne perdant l’aiguille des yeux, fascinée par l’horreur que cela pouvait provoquer chez certains, j’admirais cette épine venir chercher chaque millimètre de peau pour les accoler entre eux. Un va et vient, comme lorsqu’une araignée met toute sa ferveur pour construire sa toile. La même chose était en train de se produire sur ma peau, et pour auteur, le cocher aux talents cachés.

Le mystère emplissait ses traits,comme si la curiosité sur son passé venait d’un coup, me sauter au nez. Quelques recherches, par-ci par-là, quelques renseignements contre des grammes d’opales, mais rien de très passionnant, rien qui n’aurait présagé un périple parsemé d’aventures aussi chimériques les unes des autres.  
Mais il est si facile de détourner l’attention, de soudoyer certaines personnes pour effacer à tout jamais une histoire abîmée. Je pouvais en savoir quelque chose, quand ce genre de demande est réclamé par une classe sociale dont on ne se douterait le moins du monde.


Enivrée par ses gestes, je souris doucement, peut-être bien aussi sous l’effet de l’hydromel, en imaginant Eb’, marmot, en train de recoudre des pauvres blessés, comme je pouvais paraître à cet instant. Je ne sentais presque plus rien, l’endorphine, ou encore l’alcool, je ne pouvais dire.

“ Et en plus, tu as l’air plutôt doué. Tu pourras remercier ton professeur. “

Une cicatrice, une de plus. Je n’osais imaginer ce qu’il se dirait s’il les voyait toutes, s’il découvrait que celle-ci n’était qu’une infime nouvelle qui parcourait mon corps. Peut-être qu’il comprendrait après tout, qu’il n’est pas le seul à avoir des secrets. C’est alors que le sujet dévia, totalement, un tournant à quatre-vingt-dix degrés, auquel je ne m’attendais absolument pas.

“Ha.. Le ministère.. Hum, la politique, une grande histoire d’amour.”

Sourire ironique en coin, je savais ne pas cacher mon opinion neutre auprès, de ce que je pouvais croire, être un nouvel ami.

Quand une multitude de possibilités s’offrent à toi, comment savoir laquelle choisir ? Quand un destin tout tracé, posé sur un plateau d’argent, te pend sous le nez, pourquoi ne pas l’accepter ? J’avais toujours voulu jouer le rôle du vilain petit canard. Endosser un masque que ton entourage veut te voir porter ? Pour quoi faire ? Les faux semblants sont vomitifs. Rien de plus horripilant  que de ne dicter sa propre vie. Et pourtant, j’y étais, au ministère. Jolie couverture que ma classe sociale m’offrait, sur ce putain de plateau d’argent.

“C’est une question très intéressante. A vrai dire, les Gil ‘Otrov sont bien amis avec le gouvernement. Et voir la deuxième fille de la famille siéger aux côtés d’un des leurs, n’était que satisfaction. Je me doute qu’ils voulaient pouvoir avoir un oeil sur moi, quand j’ai commencé.”

Une courte pause, cherchant des mots, qui conviendraient à cette histoire à demi vraie. Enfin non, ce n’était que vérité après tout. Juste, savoir garder dans l’ombre ce qu’il n’était pas nécessaire de citer.

“Je ne suis pas une férue d’argent.  Loin d’être un requin de fortune comme la plupart de ces comtales. Je pense faire bien mon travail aussi grâce à cela. Ce qui est juste, est le plus important. Outre les lois, les règles ou tout autre chose que l’on voudrait s’imposer, la justice morale, est ce qui est à prendre en compte, dans ce métier, de mon humble avis.

Étonnamment surprise de moi même, quand je parle de justice morale alors que dans la pénombre seuls les contrats comptes, celui à la plus grosse bourse remporte les services de la main. Mais de choisir ses contrats, comme je choisis les miens, d’avoir un pouvoir sur qui l’on va tuer ou non, est une sorte de châtiment morale, l’impartialité d’un avis extérieur au problème. Loin de me prendre pour l’ange de la mort, j’avais des valeurs, que je respectais, et que mes murmures respectaient aussi, sous mes ordres. Chaque doigt marchait différemment, à leurs bons grès.

"Voilà, tu en sais un peu plus.. Et toi ? Je me doute que tu n’as pas été cocher toute ta vie ? Que faisais-tu avant cela ?”



C’est alors qu’il me précisa qu’il avait fini son opération, regard fier et soulagé planté dans le mien. Soufflant une bonne inspiration, je me redressai sur mon siège, inspectant la plaie des yeux. Il avait raison, belle, nette, précise. Il pouvait être fier. Le gratifiant d’un sourire, je murmurai plus lourdement, la douleur de mon mouvement me prenant aux tripes.

“On va laisser comme ça. Il faut que ça cicatrise. Je passerai un onguent dans quelques heures. J’ai ce qu’il faut chez moi.”


Redressant mon nez fin en sa direction, pupilles gracieuses glissant dans les siennes.

“Je ne sais comment te remercier Eb’. Dis-moi, quelque chose te ferait plaisir ?”

Ce que ces années ont pu m’apprendre, c’est qu’une dette se paye toujours. Et ce dont j’étais sûre, grâce à ces années, c’est que je payais toujours les miennes.



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Il s'appliquait, Ebraheim. C'était toujours le cas lorsqu'il se trouvait dans une telle situation de toute façon. Encore plus quand il pouvait se permettre d'y aller doucement, à un rythme certes soutenu. Dans le cas présent, il allait un peu plus rapidement, ne souhaitant pas traîner plus longtemps que nécessaire dans les parages si jamais la personne chez qui Skala s'était rendue décidait de suivre sa piste, mais la blessure étant suffisamment profonde et d'une longueur respectable, il y prenait un soin tout particulier. « J'espère satisfaire ton sens de l'esthétique. » Alors qu'il changeait l'aiguille de sens, il haussa les épaules, « Je communique pas avec les morts. » rétorqua-t-il, sans vraiment y penser, déjà replongé dans sa tâche. Il était plus ou moins persuadé que Früch trouverait quelque chose à redire, comme elle l'avait toujours fait, avare qu'elle était dans sa distribution de compliments.

L'avarice le faisait souvent penser aux riches qui ne pensaient qu'à s'enrichir et peut-être l'était-il un peu, avare, mais beaucoup moins qu'une période. Il osa également renvoyer une question à sa patiente du jour, reniflement avec un amusement non dissimulé. « Effectivement, tu respires l'amour fou. » Pus d'une fois, il s'était attiré des problèmes à ouvrir la bouche de cette façon. Mais il s'était attiré des problèmes simplement par exister également, alors un de plus ou de moins, il n'avait personne pour tenir les comptes. Il restait néanmoins très curieux sur ce que pourrait bien lui répondre la jeune femme, conscient du mystère qui l'entourait. Il était aussi appréciable de voir que sa curiosité fut appréciée. Pour une fois, il ne s'en plaindrait pas. Il se surprit à avoir un léger éclat de rire, « Alors que finalement, c'est toi qui gardes leur bien le plus précieux : leurs richesses. » Ou comment mener un paquet de gens par le bout du doigt. Était-ce le genre de personne que Skala était, en fin de compte ? Sûrement que non ? Quoi que, le vieil adage clamant que l'habit ne faisait pas le moine, ne pouvait être plus réel. Il leva un instant les yeux, « Et t'as jamais voulu à faire autre chose, plutôt que de suivre ce que ta famille a voulu pour toi ? » Il grimaça légèrement, « Il est possible que ce soit déplacé, comme question. » fera office d'excuse officieuse. Son discours ensuite le laissa un peu pensif, « Mais la justice morale ne diffère-t-elle pas d'une personne à une autre ? » Ce qui était juste pour l'un, pouvait ne pas l'être pour l'autre. Ses lèvres s'ourlèrent en un léger sourire, « Et de quoi es-tu férue, si ce n'est de fortune ? » Au point où il en était, il pouvait se permettre de la poser, cette question, quitte à se faire envoyer balader.

Il termina de la recoudre peu de temps après et sans grande surprise elle lui renvoya ses interrogations. « J'ai été mousse pendant quelque temps sur un navire. C'est là où j'ai appris à récoler deux morceaux de peau entre eux. » Commença-il alors qu'il rangeait un peu, « Puis j'ai été au service d'une famille pendant plusieurs années, pour finalement trouver ma voie avec les chevaux. » Intérieurement, il s'amusait de cette réponse autant qu'elle lui causait cette peine toujours aussi vive. Il lui lança une œillade désapprobatrice quand elle se mouva, se retenant de lever les yeux au ciel quant à son ton. Oui, une entaille de cette façon était douloureuse, même recousus, même s'il hocha la tête. Il nota néanmoins qu'elle semblait avoir l'habitude de ce genre de blessures. « Je ne sais comment te remercier Eb'. Dis-moi, quelque chose te ferait plaisir ? » Il écarquilla légèrement les yeux sous la surprise, puis son expression devint légèrement offensée. Il ne soignait pas les gens pour obtenir quelque chose en échange, combien de fois devrait-il le répéter ? Puis il soupira, « J'aurais tendance à te dire rien, mais je suis persuadé que ça te conviendrait pas, comme réponse. » Il lui laissa le temps de répondre, continuant de ranger ses affaires, « Et je voudrais pas heurter tes sensibilités. » Le ton léger, il espérait qu'elle voyait qu'il la taquinait un peu. « Deux ou trois ouvrages qu'on ne trouve pas à tous les coins de rues pourraient être sympathique. » Il n'était pas très difficile, Ebraheim. Enfin, tout dépendait pour quoi. Finalement il se redressa, lui tendant la bouteille d'hydromel, « Ça risque de pas être super agréable, la route à venir. » Euphémisme, quand tu nous tenais... « Je te reconduis où, d'ailleurs ? » Ils n'allaient pas camper là, après tout.

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